APERTURA THEMA

 

APERTURA – THEMA

Origine : France
Enceinte 2 voies / 2 HP – bass-reflex
Rendement : 89 dB / 1w / 1m
Impédance moyenne : 4 ohms
Réponse en fréquence : non spécifiée
Dimensions : ( H x L x P ) 103 x 27 x 40

Plutôt discret, Monsieur Christian YVON est quelqu’un qui ne fait pas ou peu parler de lui. Pourtant, il travaille dans le domaine de l’acoustique depuis plusieurs décennies et il convient de souligner ses dernières réalisations tant sur le plan esthétique que musical. On ne peut décidément pas ignorer que la finition de ces enceintes est excellente, mais que derrière cette finition se cache une technologie poussée qui permet d’obtenir des produits très aboutis. Initialement venu pour écouter un lecteur CD, c’est finalement sur l’Apertura Thema que je me suis finalement attardé.

La Thema est une colonne de taille moyenne à l’architecture atypique, qui inaugure dans la gamme le concept baptisé ARCH (Anti Resonant CHap), censé procurer une extrême rigidité au coffret et permet d’écouler quasi-instantanément les vibrations parasites du coffret vers le cône central sur lequel repose l’enceinte acoustique.
La Thema est une enceinte 2 voies / 2 haut-parleurs de type bass-reflex dont l’évent est placé en face arrière. Cette enceinte utilise un tweeter à ruban trié à aimant néodyme monté sur circuit magnétique ne présentant aucune fuite, réalisé sur cahier des charges. Le haut-parleur de grave / médium – réalisé également sur cahier des charges – est un modèle de 17 cm muni d’un cône polyméthyle-pentène qui allie une vitesse de transfert rapide à un coefficient d’amortissement élevé tout en étant à la fois rigide et léger. De ce fait, les déformées du cône sont à la fois infimes et reportées dans le haut du spectre, bien après la coupure. Le jonc repose sur un saladier ultra rigide avec une «cavité spider» entièrement décompressée.
Le filtre est doté d’une ellipse sur l’une de ses branches, définissant une transition à triple pente: 6 dB, 12 dB et 24 dB par octave. Ce triptyque autorise une sommation globale d’intersection à + 6 dB, donc une zone d’intermodulation minimum. On notera que le concepteur a opté pour des connecteurs n’autorisant pas le bi-câblage ou la bi-amplification, ce qui, à mon sens, n’appelle pas de commentaires négatifs. Enfin l’ensemble de la colonne repose sur un cône unique de découplage accompagné d’un support qui accueillera 4 autres cônes pour assurer la stabilité de l’enceinte.

 

 

 

ECOUTE

Les tests d’écoute ont été effectués avec le matériel suivant : SIM AUDIO Moon amplificateur Intégré 5.3 et SIM AUDIO Lecteur 5.3, ainsi que des câbles de modulation et HP YBA Diamond.

 Test N° 1 : La Folia – Grégorio Paniagua

Très riche sur le plan de la prise de son mais aussi de la par la diversité des instruments, cet album permet de tester les capacités à restituer les micro détails. La première impression qui résulte de la  » prise de contact  » avec cette enceinte se résume tout d’abord par la douceur générale de la restitution. Souvent, douceur générale se traduit malheureusement par un certain manquement au niveau des détails ou certaines subtilités; eh bien ici, ce n’est pas le cas : on entend tout ce qu’il y a entendre, mais sans aucune marque d’agressivité ni de crispation. On a droit à une restitution musicale fluide, avec des enchaînements et une lisibilité quasi exemplaire de tous les instruments. Chaque instrument est parfaitement détouré et proposé avec une sacrée belle forme de véracité. Un aspect vraiment très réaliste et particulièrement délicat vis à vis des instruments de musique est à mettre à l’actif de cette enceinte tant les timbres sont proposés à l’auditeur avec un excellent respect. Il est donc inutile de tendre l’oreille pour percevoir tous détails qui viendraient à manquer.

 Test N° 2 : Tri Yann et l’Orchestre National des Pays de LoireVolume 2 

Avec cet enregistrement en public, j’ai été bluffé par une chose : certains instruments de musique que je n’avais jamais entendus sont apparus de la masse orchestrale comme par enchantement. Au travers la clarté, et l’aspect lumineux de sa restitution, la Thema offre une élégance réellement peu commune qu’il convient de souligner. Des charges complexes de la masse orchestrale de l’Orchestre National des Pays de Loire, émanent, de façon subtile, des instruments souvent noyés et donc inaudibles; ça et là un jeu de mandoline ou le tintement d’un triangle savamment introduit dans les arrangements. Les choeurs offrent une puissance qui n’est pas démesurée mais qui assurent une force et la conviction voulues par les artistes. La batterie et les percussions frappent de manière  » haute en couleur  », fermeté mais surtout une forme de respect, comme il se doit. Les coups de cymbales sont francs et précis, et ne sombrent jamais dans une agressivité qui de viendrait pénible à haut niveau d’écoute.
Les solos de guitares électriques qui ajoutent encore une couche à la complexité de certains passages accompagnent l’orchestre de façon très intelligible (voir intelligente) en laissant totalement de côté l’aspect brouillon et confus que l’on obtient pafois avec d’autres systèmes ou d’autres enceintes. Les nappes de cordes, ou le violon solo (pourtant électrifié pour l’occasion) passent avec une fluidité déconcertante et aspect très lisse fort agréable. Enfin, la scène sonore est ample, large, et fait preuve d’une bonne profondeur de scène. Le jeu de guitare basse confirme l’excellente lisibilité d’ensemble.
En revanche, si je puis me permettre une petite réserve, la Thema fait juste un peu preuve de retenue sur la profondeur du registre grave.

Test N° 3 : COLLABORATION – The Modern Jazz Quartet with L. Almeida 

Le test du piano est passé ici comme une lettre à la poste. Acceptant la rapidité sans contestation, la restitution du piano est absolument fabuleuse. L’instrument prend ici une dimension assez proche de celle de l’instrument lors d’une écoute en direct, et l’enceinte tient le rythme sans défaillir, et ceci quelque soit le niveau d’écoute demandé.
Et puis, il y a le test qui en général tue ! : prendre en défaut une enceinte avec le jeu de vibraphone. Eh bien, c’est raté ! là ou j’attendais la Thema, elle était au rendez vous et le jeu de vibraphone a montré que cette enceinte savait se sortir de toute sorte de situations complexes. Le timbre particulier de cet instrument fait preuve d’une remarquable homogénéité : pas de craintes que l’auditeur n’ait une gêne particulière. Ici encore, il convient de souligner l’aspect très lisible de la contrebasse dont on entend absolument toutes les notes de musiques sans qu’il soit question de tendre l’oreille, même à faible niveau d’écoute.

Test N° 4 : QUIET NIGHTS – Diana Krall 

La prise de son de ce CD soignée a permis à la Thema de donner le meilleur d’elle même. Inutile de dire que les vocaux sont restitués avec un charme qui n’a n’égal que celui de la chanteuse. Il se dégage de l’écoute une impression de chaleur humaine savoureuse, sans aucune sécheresse, avec une présence dans la salle d’écoute qui m’a donné des frissons.
Par ailleurs, tous les instruments de musiques qui accompagnent les chansons offrent un délié et une fluidité saisissants; pas une once d’agressivité n’émane des différents extraits écoutés et une foule de détails apparaissent, alors qu’avec d’autres enceintes acoustiques ou plus généralement d’autres systèmes, on a tendance à les imaginer plus que de les entendre réellement.

Test N° 5 : Romance tiré de la suite symphonique  » Lieutenant Kué  » – Serge Prokofiev – Direction Yuri Simonov

Sur ce morceau, on appréciera cette fois la transparence générale du système confirmée par les ‘’ prestations ‘’ de la Thema. Le jeu de harpe ainsi que le xylophone sont restitués avec une finesse des plus crédibles qui soient. Le jeu des cordes fait preuve d’une fluidité confirmée et d’une fabuleuse douceur générale. La Thema a réellement des dons pour  » promouvoir  » la profondeur de scène sonore, et une écoute les yeux fermés permet d’oublier la présence de l’enceinte dans la pièce d’écoute. On notera aussi que les instruments ne sont pas confinés dans un espace sonore restreint : ainsi on a l’impression d’avoir d’espace entre les musiciens. Sur ces points, la Thema me rappelle une certaine PE Léon Allegria qui m’avait également fait une forte impression.

Conclusion  :

Pour un premier contact avec Apertura, je dois dire que je n’ai pas été déçu. Certes la Thema ne constitue pas le haut de gamme du constructeur, mais elle est représentative du savoir faire de celui-ci. La Thema exigera pour  » s’éclater  » un système de haut niveau, neutre vivant, équilibré, très fin, et ce n’est qu’à ce prix qu’elle pourra lui rendre hommage et donner le meilleur de la musique car à mon sens il s’agit d’une grande enceinte qui vise à respecter le timbre des instruments de musiques ou des chanteurs. En tout cas, bravo pour cette enceinte inattendue.

Cotations : Musicalité : 10 / 10
Rapport qualité – prix : 10 / 10

Prix : 3650 € (10/2009)

Finition loupe laquée

 

Test d’écoute réalisé par Lionel Schmitt