Amplificateurs configurés en Classe A.

L’édito de Lionel

 

Amplificateurs configurés en Classe A

Dans le domaine de la haute fidélité, la question d’un circuit configuré en Classe A est posée de façon récurrente. Pendant plusieurs décennies, la Classe dite  » A  » a même été opposée à la traditionnelle Classe, plus répandue, dite  » AB « . Aussi, lorsque l’opportunité se présente d’acquérir un amplificateur vraiment musical, inévitablement, cette question technique revient à l’ordre du jour.

Pour être concis, en théorie un amplificateur qui fonctionne en Classe dite  » AB  » met en œuvre deux composants électroniques ne travaillant que sur une seule alternance du signal. De fait, le courant de polarisation est relativement faible, et tout en permettant généralement une puissance de sortie substantielle, ceci peut parfois être générateur de distorsions (distorsion de croisement). Dans la réalité, ces phénomènes de distorsion sont la plupart du temps marginaux, mais peuvent venir contrarier une écoute attentive. Il ne faut donc pas sous-estimer ce phénomène qui passe quelque fois inaperçu.

En Classe  » A « , l’amplificateur traite l’intégralité du signal ( alternance positive et négative ) grâce à une polarisation importante des étages de sortie, avec un apport en courant très important, lequel s’affranchit de l’amplitude du signal. Ce procédé présente une grande disponibilité de ce courant sur les signaux transitoires, et apporte également une excellente restitution des micro signaux.
En revanche, l’utilisation de la Classe  » A  » induit le plus souvent une puissance de sortie contenue, pour ne pas dire réduite, et il a l’inconvénient de solliciter davantage les étages de sortie. Ce type de configuration a pour conséquence un échauffement important des transistors ou autres composants, qui pourra nuire à leur longévité dans le temps. Cette contrainte calorique ne s’appréhende évidemment pas de la même façon pour un amplificateur à tubes. Le fonctionnement en Classe  » A  » a pour effet direct la réduction des phénomènes de distorsion qui peuvent s’avérer parfois audibles, selon la conception et le comportement de l’amplificateur.

Maintenant, si l’on évoque la question de la musicalité, d’une façon générale, mais aussi par expérience, j’aurais tendance à dire que les amplificateurs, qu’ils soient à tubes ou à transistors, et polarisés en Classe A offrent la garantie d’une sonorité plus pure, mais ils ne sont pas forcément les garants d’une transparence et d’une neutralité exemplaires. Bien des paramètres techniques entrent en ligne de compte, et leur mise en œuvre (schéma, alimentation, implantation, choix et implantation des composants) aboutissent avec plus ou moins de bonheur à cette forme de matérialisation qui donnent de la vie et de l’émotion.

Je crois que lorsque l’on oppose la Classe  » A  » à la Classe  » AB « , il ne faut pas se tromper de discours. Même si dans un bon nombre de cas (mais pas tous), j’ai noté que les instruments de musique offraient généralement plus de « corps » et davantage de matière, à l’heure actuelle, beaucoup d’amplificateurs à tubes comme à transistors configurés en Classe  » AB  » donnent des résultats musicaux aussi bien, sinon mieux, équilibrés que leurs homologues configurés en Classe  » A « .

J’ajoute enfin que tout au long de l’histoire de la haute fidélité, quelques concepteurs inventifs ont trouvé des solutions intermédiaires innovantes destinées à utiliser les avantages techniques de la Classe  » A  » en laissant de côté ses inconvénients, tels que le surcroît calorique ou la modeste puissance de sortie.

Pour terminer, je pense réellement qu’il ne faut pas se laisser envahir par des arguments purement techniques ou marketing, et que seule l’écoute doit retenir au final notre attention.