ALEF VERITA

ALEF VERITA

Câble modulation

Alef Vérita

On ne peut pas dire que la maque ALEF soit très médiatisée en France. Pourtant ALEF est bien distribué sur notre territoire via TECSART. Le distributeur nous indique sur son site les motivations qui ont présidé à la naissance de cette marque. Toutefois, les rares connaisseurs de la marque imaginent sans doute que ALEF conçoit et réalise exclusivement des électroniques. Or, si l’on prend soin de consulter le catalogue, on s’apercevra que ALEF s’intéresse de près au câblage modulation, secteur, et HP. Il n’est d’ailleurs pas rare de constater que les concepteurs d’électroniques proposent des câbles spécifiquement destinés à optimiser leurs propres réalisations. Par ailleurs, l’histoire de la haute fidélité montre que certains de ces câbles, à défaut d’être universels, ont des propriétés techniques qui leur permettent de trouver une place au sein de systèmes audio de marques différentes.

L’occasion m’a été offerte de tester le câble de modulation ALEF Vérita, et j’ai trouvé intéressant d’en faire l’analyse, et de vérifier si ce câble était exclusivement réservé aux électroniques ALEF, ou, à contrario, s’il pouvait convenir à d’autres systèmes audio.Il n’est pas toujours simple d’obtenir des détails sur la conception des câbles. Toutefois, grâce à l’aide d’EURODIO (distributeur ALEF), qui s’est prêté au jeu de l’interview, Monsieur Mirco BRUNELLI – le concepteur – a bien voulu nous donner quelques précisions sur la structure de ce câble. Il nous précise que le modèle Vérita prêté est une version blindée constituée par deux conducteurs en cuivre pur OFC de section plate et isolés par du coton peigné. Ils sont assemblés dans une seule gaine extérieure ultra-plate, dans le souci de garantir (après plusieurs tests) l’ absence de phénomène de microphonie et aussi de faciliter la manipulation. Les sérieux connecteurs RCA d’origine TTAF ont des propriétés qui visent à assurer un contact optimal, que je confirme. ALEF peut monter des connecteurs Eichmann, Fadel, WBT. Le concepteur de préciser aussi que des versions non blindées peuvent être réalisées sur demande.

Ce câble a été utilisé dans le cadre du test du préamplificateur phono AUDIOMAT 1.6 avec platine BERGMANN Magne System – il a également servi d’interface entre le lecteur YBA CD 3 Classic Sigma Classic 3 Delta YBA, et enceintes PEL Kantor (avec Rendistors).

CD test : Quiet Nights par Diana Krall – Le Cœur des Etoiles par Jean-Christian Michel – Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach par Marie-Claire Alain (vinyle) – La Folia par Gregorio Panagua – Double Jeu par Laurent Korcia – Valéria par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida …..

 

Ecoute :

Les premières minutes d’écoutes montrent que ce câble respecte assez bien l’équilibre du système audio dans son ensemble. Rien ne semble venir troubler le bon fonctionnement du lecteur CD ou de la platine vinyle. Le modèle Vérita ne rogne ni sur la dynamique, ne modifie pas « l’organisation » de la scène sonore, qui s’épanouissent spontanément. De fait, la scène sonore prend ses marques dans la pièce d’écoute, en respectant les limites imposées par le positionnement des enceintes acoustiques. Si la scène sonore apparait large, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de focalisation attachée au canal de gauche ou droit. Les effets stéréo permettent de localiser chaque interprète, quelque soit son positionnement au moment de la prise de son. A ce titre, le centre de la scène n’est jamais « vide ».

Avec le système utilisé, le Vérita « travaille » avec un degré d’analyse poussé qui va très loin dans le détail. Ainsi, on ne peut pas affirmer qu’il ait une once d’opacité jetant un voile sur la musicalité, et de ce fait il ressort de l’ensemble des écoutes une très belle transparence. D’ailleurs, je fais remarquer au passage que l’écoute vinyle avec le préamplificateur AUDIOMAT Phono 1.6 s’avère en tous points remarquable. D’ailleurs, quel plaisir de partager avec Jean-Christian Michel la « Musique Sacrée », de savourer le jeu de clarinette, la reprise du souffle du musicien, et le « corps » des grandes orgues de Notre Dame de Genève. La musique prend alors une excellente consistance, et les instruments ont une véritable matière, et la superbe gestion des harmoniques ne suscite aucune critique.

Après plusieurs heures d’écoutes, on se rend compte que ce câble délivre une musique globalement dépourvue de colorations inappropriées, et la bande passante apparaît large eux deux extrémités. Si le registre aigu monte suffisamment haut, il s’exécute avec un très beau filé et une empreinte musicale plus affûtée que soyeuse. Ce câble ne tronque pas le registre grave, et gère ce registre d’une main de maître en le gratifiant d’une excellente lisibilité, comme on peut le remarquer sur le jeu de contrebasse de « Valéria » par le Modern Jazz Quartet. Le poids du piano bénéficie à son tour de ce traitement, qui induit une forme de limpidité fort appréciable, et en tout cas appréciée par mes soins.

Les écoutes successives démontrent que ce câble véhicule un signal musical qui offre une palette de couleurs étendue, avec d’infimes variations que l’on se plait à découvrir au fil des écoutes, notamment, par le difficile jeu de vibraphone de  » Valéria « , mais aussi au travers des grandes orgues lorsque Marie-Claire Alain interprète la Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach (disque vinyle). Ce câble laisse s’écouler la musique avec une belle facilité comme j’ai pu le constater sur différents thèmes de Jean-Christian Michel, et il laisse respirer à pleins poumons toutes les œuvres qui mettent en œuvre les instruments à vent, et les grandes orgues. Ainsi le contact avec les instruments et leurs interprètes respectifs est total.

Quelques écoutes au casque montrent que ce câble met l’accent sur le détourage des instruments et des voix. Par ailleurs, je n’ai pas eu l’impression qu’une coloration spécifique ne vienne enjoliver ou ternir les timbres. C’est une très grande satisfaction de ressentir la sensation de grain sous la soie de l’achet du violon de Laurent Korcia sur «  Minor Waltz . C’est tout aussi plaisant de vivre sa musique, lorsqu’il fait vibrer ses accords avec sa main gauche sur le manche de l’instrument. Dans ce cas précis, sur la couleur des timbres, le Vérita la joue sincère !

Dans la « région » des fréquences médiums, le Vérita révèle tout son potentiel et se comporte divinement, au point de dévoiler une facette un peu nouvelle de  » Quiet Nights  » par Diana Krall. Si les facultés d’analyse laissent toutefois paraître un aspect légèrement ascendant, je ne peux pas signifier que « S » se transforment en sifflantes désagréables ou trop prononcées. Grâce à ces facultés d’analyse, les cymbales, les nappes de cordes, les quelques accords de guitare qui ponctuent la phrase musicale offrent une restitution cristalline du plus bel effet. Les vocaux captivants apportent une forme de fraîcheur agréable, et une forte présence dans la pièce d’écoute.

Par ce câble de modulation Vérita, j’ai pu faire connaissance de la marque ALEF. Ce seul câble ne peut bien évidemment pas représenter toute la gamme de produits, mais il donne déjà une idée du soin apporté à la réalisation des différentes références mises à la disposition des audiophiles.
Musicalement, ce câble rassemble beaucoup de qualités, mais je préconiserais son utilisation pour relier des éléments faisant preuve de rondeur, voir de chaleur. Le sens de branchement est essentiel pour sa mise en œuvre optimale.

Cotation : Musicalité : de haut niveau
Rapport musicalité – prix : bon

Prix : 900 € le jeu de 2 x 1m

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt