AIR TIGHT AM 201 H

AIR TIGHT AM 201 H

Origine : Japon
Amplificateur intégré à tubes
Puissance : 2 x 22 watts sous 8 ohms
Bande passante : 20 Hz à 25 kHz
Taux de distorsion : non spécifiée
Rapport signal / bruit : 90 dB
4 entrées haut niveau
1 sortie casque jack 6,35

 

Deux après la « disparition » de l’AM 201, il fallait bien songer à son remplacement. Les concepteurs de chez AIR TIGHT n’ont rien trouvé de mieux que de « refaire » une version sur vitaminée de l’AM 201 qui prend pour la circonstance le suffixe de « H ».

Cet amplificateur plutôt compact (17,3 x 35,8 x 29,5 cm) et sobre dans sa présentation est construit avec un soin méticuleux : l’aluminium et l’acier sont utilisés à bon escient pour parfaire la structure hyper rigide du châssis. Les pieds fraisés dans l’aluminium contribuent à éliminer toutes formes de vibrations parasites.

La face avant regroupe un sélecteur marche / arrêt, un sélecteur de réglage de « bias » des tubes, un potentiomètre de volume analogique, un sélecteur pour quatre sources haut niveau, un vumètre pour le réglage du courant de polarisation des tubes, et – grande surprise – une prise jack 6,35 mm pour l’écoute au casque. Ne cherchez pas la télécommande : il n’y en a pas ; tous les réglages s’effectuent manuellement.

 

 

La face arrière comporte 4 paires de fiches RCA plaquées or directement boulonnées sur le châssis pour relier quatre sources haut niveau, ainsi que six bornes HP acceptant fil nu, fourches, fiches bananes. L’utilisateur aura le choix entre une connexion en 4 ou 8 ohms. L’ensemble de ces connecteurs ressemble à ce qui se fait de mieux en la matière.

Sous le capot, la majorité de la place disponible est consacrée à l’alimentation avec deux transformateurs de grande qualité pour les étages de sortie et un pour l’alimentation, dont nous ne connaissons par les caractéristiques.

 

L’étage d’entrée est confié à 3 tubes : 1 x 12AX7 et 2 x 12AU7 et l’étage de sortie met en œuvre un double push-pull de pentodes EL 84. Le schéma n’utilise pas de circuit imprimé : l’ensemble des composants est relié par le principe du « câblage en l’air ». Sur le plan pratique, attention : ce petit amplificateur intégré chauffe beaucoup.

 

 

ECOUTE :

Les tests d’écoutes ont été réalisés en auditorium avec les lecteurs CD/SACD ESOTERIC K-07, YBA CD Passion 430, enceintes acoustiques B & W 802 Diamond, câbles modulation et HP ESPRIT Kappa.
Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615, câble secteur G-314Ag-18E.

CD utilisés  : CD test NAIM Sambler N° 6 – Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Dance Intro Internity par Omar Faruk Tekbilek – Take Five par Quincy Jones, etc…

1° Timbres et transparence

Cet amplificateur a un don certain pour donner des couleurs à la musique qu’il a pour mission de restituer, des couleurs que je qualifie même de chatoyantes.

Le haut du spectre est aussi clair qu’une journée sans nuage, et c’est un registre aigu particulièrement fin et détaillé qui donnera aux violons cette sensation déliée et aérienne. Ne croyez pas que ce registre aigu est omni présent, car l’AM 201 H saura le rendre tout aussi soyeux qu’il file haut.

Dans la foulée, le registre médium vient conforter la limpidité et vient « compléter » le haut du spectre en donnant à la musique une palette de timbres étendue qui rendent la restitution variée et délicieuse. Dans cette zone de fréquences, cet amplificateur excelle : il reproduit la musique avec une magnifique transparence et des possibilités d’analyse particulièrement poussées et appréciées par mes soins.

Le détourage des instruments et voix prend la voie de l’excellence et aucun détail n’est laissé dans l’ombre. Cet amplificateur exécute un véritable travail d’orfèvre lorsqu’il s’agit de faire « sonner » par exemple le saxophone ou la caisse claire de ‘’ Take Five ‘’ interprété par Quincy Jones.

Le registre grave apparaît à mon sens un peu « léger » ; toutefois sa présence est bien réelle dans la mesure où sa lisibilité est en tous points impeccablement reproduite. On pourra l’observer en écoutant ‘’ Valéria ‘’ par le Modern Jazz Quartet. Ainsi, nous pouvons suivre chaque note qui ponctue la phrase musicale avec une grande facilité.

2° Scène sonore – dynamique – réactivité

Sans apparaître démesurée la scène sonore prend des proportions plutôt raisonnables. Je la trouve suffisamment étoffée pour donner une bonne ampleur et une spatialisation qui ne l’est pas moins. L’AM 201 H se concentre sur l’essentiel et met l’accent sur le « détachement » des groupes d’instruments, et de fait un étagement des plans bien structuré. Cela a pour avantage de mettre en valeur les instruments solistes et les vocaux : ceux-ci se détachent de la masse orchestrale avec discernement.

L’AM 201 H est généreux à tous points de vue, et ne vous fiez pas à la modeste puissance annoncée : elle ne signifie pas grand chose. L’espace virtuel qui nous est proposé est étendu, toutefois il apparaît plus large que profond. Il n’empêche que l’on bénéficie d’une excellente lisibilité de chaque plan sonore avec des reliefs suffisamment marqués pour faire la distinction entre les interprètes de premier rang et ceux de second rang.

Cet amplificateur est nerveux et rapide. Il s’exécute avec une réactivité affirmée dès que la situation le nécessite. Les grandes montées en régime de certaines orchestrations ne lui font pas peur et il gère harmonieusement les « cas » les plus complexes qui se présentent avec la même dextérité que celle qui singularise un excellent musicien.

Et puis, en dépit de sa petite taille, l’AM 201 H est un « sportif accompli » et il le démontre par son dynamisme à toutes épreuves. Par ailleurs, j’ai pu relever que cet amplificateur faisait preuve d’une très belle linéarité. Quelque soit la complexité des extraits musicaux choisis, l’AM 201 H sait parfaitement gérer les grands écarts de dynamique et la multiplicité des fréquences. Pas de traces d’accrocs ou de dérapage à craindre. Comme on peut s’en rendre compte sur le jeu de piano de ‘’ Valéria ‘’ interprétée par le Modern Jazz Quartet, l’attaque des notes est franche, et celles-ci se développent et s’éteignent sans déformation.

3° Communication avec l’auditeur

L’amplificateur AM 201 H a un pouvoir de résolution élevé, ce qui l’autorise à faire « chanter » magistralement toutes les formes d’expressions musicales. Vous passerez un très bon moment à écouter ‘’ Remember the River ‘’ de Fred Simon extrait du CD test NAIM Sambler N° 6 – extrait où la fluidité et la tonalité du saxophone sont reproduites avec un soin particulier. Le jeu de contrebasse est rigoureux dans sa précision et sur le suivi de chaque note : on perçoit clairement le « touché » du contrebassiste sur les cordes de l’instrument avec une intensité réaliste.

Dans un autre genre, ‘’ Dance Intro Internity ‘’ par Omar Faruk Tekbilek vous fera par exemple bénéficier de la passion et de la conviction des musiciens à « délivrer » une musique remplie d’émotion. Certains passages vous donneront à coups sûr des frissons tant certaines sensations sont poussées. Cet amplificateur met l’accent sur la spontanéité et la facilité d’expression, ainsi que sur la pureté des intonations, les quelles contribuent à rendre la musique agréable à écouter.

C’est vrai que le pouvoir de résolution de l’AM 201 H est l’un des plus élevé de sa catégorie. Les voix et les instruments acoustiques révèlent une restitution musicale toujours juste doublée d’une lisibilité appréciable. L’aspect charnu et matérialisé des instruments contribue à donner beaucoup de sens à la musique et invitent réellement l’auditeur à savourer chacun de ses meilleurs extraits musicaux sans se « prendre la tête ».

Conclusion :

L’amplificateur AIR TIGHT AM 201 H m’a tout l’air d’être un petit “prodige”. Simple à mettre en œuvre, il vous fera bénéficier d’une musicalité de très bon niveau, haute en couleurs. Son tempérament pétillant et son excellente fluidité vous feront profiter d’une restitution réaliste et communicative. Que demander de plus ?

Cotations : Musicalité : pétillante et attachante
Appréciation personnelle : enthousiaste
Rapport qualité – prix : très bon

 

Prix : 3190 € (08/2014)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt